1/ « Penser des formes alternatives d’organisation et d’action collective » / « Imagining alternative forms of organization and collective action »

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Lieux ouverts ou semi­-ouverts, les FabLabs, hackerspaces et makerspaces construisent leur modes d’organisation et de décision collective au quotidien. Comment vivre ensemble, survivre économiquement, décider collégialement ou démocratiquement à 10, 20 ou 1000, maintenir des activités à la fois militantes et productives, faire vivre un projet, construire un bien commun et stabiliser un modèle économique viable, le tout dans un même espace et une communauté à plusieurs échelles ?  Certes des modèles de  « non­organisation », des techniques de « démocratie liquide », des références à une économie du « commun » se pensent et se discutent dans des réseaux mondiaux.  En pratique, une diversité de formes alternatives d’organisation et d’action collective s’expérimente avec plus ou moins de bonheur et de difficultés sur le terrain. Si tant est qu’a priori, ces communauté ouvertes à organisation horizontale et projet collectif fort n’entrent dans aucun modèle d’organisation classique  – qu’il soit marchand, entrepreurial, associatif ou communautaire – pour autant peut-on  dire que  ces lieux remettent véritablement en question les frontières et définitions des modèles traditionnels de l’entreprise, du marché, de l’association, de l’état, de la communauté fermée ? Revisitent­-ils  vraiment les frontières entre espace public, commun et privé ?  Les  modèles économiques qui sous­tendent ces lieux en formation et leur diffusion de par le monde ainsi que leurs modes de fonctionnement interne posent question. Comment ces communautés ouvertes arrivent-elles dans les faits à concilier ouverture et normes partagées ? Comment parviennent-­elles à concilier des formes de gratuité et de travail productif rémunéré ? Comment en pratique y  régule­-t-­on les conflits, alors que les sanctions  (dont l’exclusion de membres), la règle verticale ou la décision d’un petit nombre (ou  autoritaire) sont culturellement plus difficiles à justifier que dans une organisation classique ?  Quelles formes d’organisation « non  verticale » y conçoit­-on pour quel type d’action collective ? Et avec quelle pérennité ? Au­-delà des expériences locales et particulières peut-­on y voir autre chose que des formes expérimentales ? Pense­-t-­on là plus qu’ailleurs des formes alternatives d’organisation et d’action collectives amenées à se stabiliser et à se diffuser y compris dans  l’économie « classique » ?

FabLabs, hackerspaces and makerspaces are open or semi­-open spaces, which invent their modes of organization and collective decision­making on a daily basis: How to live together, how to survive economically, make democratic decisions, decide collegially with 10, 20 or 1000 members, maintain both activist and productive activities, how to keep the project alive, build a common good and stabilize a viable economic model, all in the same space and with a community on multiple scales? Of course, « non­organisation » models and techniques of « liquid democracy », both references to the ‘common good’ economy are being defined and debated throughout the networked community. In practice, a variety of alternative forms of organization and collective actions are under experimentation, more or less successfully. So a priori, these communities that are open to horizontal organization and are strongly collective are not using any classical models of organization ­ be it trade, entrepreneurial, non­profit or collective ­ so ,can we say that these places really call into question the borders and definitions of traditional business models, the market, the non­profit organisation, the state or the club? Do they really revisit the borders between public, private and common space? The economic models that underlie these places (that are still evolving), their dissemination throughout the world as well as their modes of internal operation pose this question. In practice, how do these open communities reconcile open and shared standards? How do they manage to reconcile forms that are free and productive work that is paid? How in practice do they resolve conflicts, then the inevitable consequences (including the exclusion of members), vertical decision making processes or the decision of a small number (or someone with authority) that are culturally more difficult to justify that in a typical organization? What forms of « non­vertical » organization are designed for what type of collective action? And with what longevity? Beyond the local and particular experiences, can we see something other than experimental forms? Do we think that, more than elsewhere, these alternative forms of organization and collective action are beginning to stabilize and to spread, even into the classic economy?

10h00-11h30 : Table ronde AXE 1
Avec Sébastien Broca (EHESS, auteur de Utopie du logiciel libre), Andreea Gorbatai (Haas School of Business, University of California at Berkeley, Etats-Unis)
Modération : Isabelle Berrebi-Hoffmann (Lise-Cnam)

11h45-13h00 : Ateliers

Atelier 1 Chartes, manifestes et règles de conduite au sein des FabLabs, hackerspaces
Workshop 1 Principles & manifestos
Avec Thomas Landrain (président du biohackerspace La Paillasse), Jean-Baptiste Labrune (MIT Media Lab), Camille Bosqué (Ensci – Les Ateliers, Université Rennes 2)
Modérateur : Daniel Hotard (Lise, Cnam, CNRS)

Atelier 2 Identité et controverses
Workshop 2 Identities and controversies
Avec Laurent Ricard (Faclab, La Forge des possibles), Paris Chrysos (CGS)
Modérateur : Diane Rodet (Lise, Cna, CNRS)

Atelier 3 Modèles organisationnels (pouvoir distribué, sans centre)
Workshop 3 Organization models, catering for organization without a center
Avec Clément Quinson (Electrolab), Amaelle Guiton (journaliste), Benjamin Tincq (OuiShare)
Modérateur : Isabelle Berrebi-Hoffmann (Lise, Cnam, CNRS)

Publié mars 18, 2014 in: Programme by ateliersdespossibles


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